Des lycéens face au souvenir de la guerre d’Algérie

Les anciens combattants de la FNACA (Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie) ont rencontré les élèves de 3ème et de Terminale du lycée Maréchal Leclerc. Ils sont venus témoigner de la violence du processus de décolonisation et de sa complexité.

Durant toute la semaine du 16 au 20 avril, les anciens combattants de la FNACA ont donné rendez-vous aux élèves du lycée Maréchal Leclerc afin de partager les souvenirs de leur participation à la guerre d’Algérie.Yves, Marcel, Alain et les autres se sont succédés pour offrir une présentation chronologique des grandes étapes de la colonisation de l’Algérie débutée en 1830 et du terrible conflit survenu de 1954 à 1962 qui a fait, selon les historiens, environ 300 000 victimes.

 

 La force des échanges intergénérationnels

L’implication des élèves a ravi les intervenants et les organisateurs.L’échange intergénérationnel a été fructueux et aucun thème n’a été éludé : les inégalités dans la population algérienne, le désir d’indépendance, la Toussaint rouge, les horreurs de la guerre, les attentats du FLN et de l’OAS…

Au milieu de ces témoignages glaçants et parfois émouvants se glissaientquelques anecdotes plus légères qui provoquaient les rires de l’assistance et détendaient l’atmosphère. Ainsi,la présentation du contenu de la véritable ration quotidienne – presque intacte ! – d’un soldat français d’Algérie (soupe en sachet, boîte de « singe », préservatif, etc.) fut l’occasion d’évoquer avec le sourire les difficiles conditions de vie des appelés.

Un message pacifiste

En dépit de la publication de brillants travaux d’historiens sur la question, la guerre d’Algérie demeure méconnue du grand public. D’ailleurs, les anciens combattants invités au lycée déplorent qu’elle ne soit pas l’objet d’un intérêt plus soutenu dans notre société.

De leur côté, les élèves, notamment ceux de terminale, ont pu facilement s’identifier à ces appelés qui avaient sensiblement le même âge qu’eux dans les années 1950.

Ils ont compris que la plupart d’entre eux ne savaient rien du pays qu’ils allaient découvrir et des gens qu’ils allaient rencontrer.

Ils ont entendu les paroles pacifistes et humanistes de ces anciens combattants jetés au cœur de la mêlée à seulement 20 ans, dépassés par l’Histoire en marche et qui disposaient de 15 jours de permission en 48 mois pour retrouver furtivement une famille ou des amis qui ignoraient tout du conflit qui avait lieu de l’autre côté de la Méditerranée.

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